Corentin et Poule

Mon point commun avec les poules

Quand on a étudié la question de l’autonomie alimentaire pour choisir quel régime adopter à bord de Nomade des Mers, on s’est très vite rendus compte que pour produire de la viande, les ressources en eau et nourriture, la surface et l’énergie nécessaires étaient énormes par rapport aux autres aliments. Particulièrement pour la viande de bœuf. De toutes façons, embarquer un bœuf à bord aurait été pénible.

Dans le monde il y a des centaines de millions de personnes qui se passent de viande. 500 millions rien qu’en Inde ! Il y a beaucoup de motivations différentes pour tous ces végétariens : religion, lutte contre la souffrance animale, écologie, santé… l’écrivain Isaac Bashevis Singer a dit : « je suis végétarien pour des raisons de santé… la santé des poules. » En plus j’ai lu qu’Einstein avait dit « rien ne pourra être plus bénéfique à la santé humaine ni accroître les chances de survie de la vie sur terre qu’une évolution vers un régime végétarien« . Vu qu’Einstein a toujours une longueur d’avance, ça a fini de me convaincre.

J’ai donc décidé de faire l’expérience de devenir végétarien. J’ai rayé de mes menus la quasi totalité des plats qui me faisaient saliver : tartiflette, bœuf bourguignon, steak tartare, poulet frite, burger saignant, poisson au beurre blanc… La seule viande que je m’accorde est celle de nos larves de coléoptères, qui ne font baver personne, mais qui ont besoin de très peu de ressources pour produire des protéines animales.

Ça fait maintenant 9 mois que je n’ai pas touché à un steak. Au début ça donne l’impression de ne manger que l’accompagnement. puis on s’y fait. Au point que maintenant je salive quand je pense à des lentilles mijotées avec des oignons et des carottes. Ma plus grande peur était de devenir moi-même un légume. Mais pour le moment je reste en pleine forme et j’ai même encore toutes mes dents. J’ai fait une prise de sang juste avant le départ à Concarneau et je viens d’en faire une nouvelle à Madagascar pour voir si j’ai des carences. Réponse dans quelques jours.

J’ai cherché le nom de mon régime. Il en existe beaucoup :

  • Végétarien :
    il ne mange rien qui vienne de l’animal (ni viande, ni lait, ni oeufs)
  • Ovo-lacto-vegetarien :
    il ne mange pas de viande mais mange des produits laitiers et des œufs
  • Fruitarien :
    il ne veut pas tuer les plantes! il mange donc les fruits, les noix, les haricots, les céréales, mais pas les tubercules ni les feuilles – ça fait mal à la plante.
  • Crudivore :
    il ne veut pas cuire les aliments. du coup il fait germer les céréales et autres graines avant de les manger, il presse de l’herbe et des fruits pour en boire le jus, et ne cuit pas ses fruits et légumes.

Le problème c’est que je mange des insectes, ce qui m’exclus de toutes ces catégories… Je pourrais appeler ça de l’insecto-ovo-lacto-végétarisme, mais ce n’est pas pratique quand on est invité à diner :

-vous mangez de tout?
-non, je suis insecto-ovo-lacto-végétarien
-ah?!

Puis en réfléchissant un peu je me suis rendu compte que le régime dont je me rapprochais le plus était celui de la poule, qui mange des insectes et tout fruits et légumes qui se présentent devant elle.

-vous mangez de tout?
-non, la même chose qu’une poule
-d’accord !

Corentin.

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