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Survivalistes des mers

La réunion hebdomadaire de ce lundi matin était un coup dur. Elle a remué le couteau dans la plaie encore béante laissée par le coup de vent des 5 et 6 octobre. Tristement, à voix grave et solennelle, j’ai relu  les objectifs à atteindre avant l’arrivée en Afrique du Sud, que nous nous étions fixés à la réunion hebdomadaire de lundi dernier. Ils étaient ambitieux :

  • Passer de 60 à 100 plantes dans la serre,
  • Produire une cuillère à café de spiruline / jour,
  • Récolter 10 ml de vers de farine / jour
  • 25cl de graines germées / jour,
  • Faire un poulailler optimisé
  • Un compost qui donne 5 litres de solution nutritive pour l’hydroponie par jour,
  • 2 éoliennes qui alimentent tous les systèmes low-tech,
  • Un dessalinisateur qui donne 1 litre d’eau par jour
  • Installation du nouveau système de capteurs pour le suivi des plantes, de la spiruline et du compost.

Pendant cette énumération, dans la tête de chacun repassaient les images des blettes secouées par les embruns dans le sifflement de la tempête comme dans un film catastrophe américain. Dans les scénarios post-apocalyptiques, c’est le moment où les survivants mesurent les dégâts et l’ampleur du travail qui les attend pour rebâtir leur civilisation. C’est ce moment là de la réunion qu’a choisi un petit grillon pour escalader la jambe d’Hugo, comme pour nous rappeler le chaos qui règne aussi dans le vivarium.

Comme un général qui se prépare à un siège, Clément a ensuite passé en revue les réparations que nous avons faites et les fortifications du bateau. Il a annoncé qu’un nouveau coup de vent était attendu pour demain. Moins fort a priori, mais il faut toujours se méfier. Puis dans un discours mémorable il a su emporter l’équipage et lui redonner pleine confiance. On a perdu une bataille mais pas la guerre. Certes nos objectifs seront difficiles à atteindre, mais on va donner tout ce qu’on a. Et ce qui est sûr, c’est que jamais plus aucune tempête ne posera ses embruns sur nos plantes !

Corentin.

Une réflexion sur “ Survivalistes des mers ”

  1. je suis bouleversifiée en imaginant le désarroi des blettes. Pour de vrai ! je me suis fait beaucoup de souci par les gallinacés, mais curieusement pas pour vous l’équipe qui devenait au fil des jours et des coups de vent une équipe de fameux marins. Vous deviez savoir que cette zone de l’Atlantique Sud est plutôt mal pavée et plus encore ce spectaculaire Cap des Tempêtes, moins craint que le Horn, et bien plus beau avec sa « Table », et plus accessible. Racontez nous Tristan da Cunha et ses 266 habitants, répertoriés en 2016. Vous répondrez à tant de curiosités ! J’espère que malgré cette méchante tempête et les dégâts qu’elle a fait à bord, vous gardez le moral et vous nourrissez bien (ça c’est ma réaction grand-mère :) ) Arrivés au Cap, il faudra nous remettre dans l’esprit de la vie sobre et heureuse, car l’automne refroidit nos velléités de bricolage; Vraies bises

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