Corentin et PA serre extérieure (c) Elaine le Floch (GOB)

Escale au Cap Vert : Cap sur l’hydroponie et la bioponie.

Nomade des Mers à Tarrafal

Nomade des Mers au mouillage dans la baie de Tarrafal, au Nord le l‘île de Santiago.

Dès l’arrivée en bateau près des côtes on est marqué par le paysage. Le Cap “Vert” est en fait couleur terre, montagneux et très sec ! Ici il ne pleut que 2 mois par an et ces terres de volcans, escarpées et rocailleuses ne laissent pas beaucoup de place à la verdure. C’est d’ailleurs ce qui rend l’agriculture très compliquée. Au Cap-Vert, seules 10% des terres sont cultivables et le pays est obligé d’importer 82% de ses denrées alimentaires.

Cap Vert

Comme bien souvent la contrainte pousse à la créativité. Depuis 20 ans les agriculteurs se mettent par exemple à l’agriculture en “goutte-à-goutte” qui a permis de valoriser de nombreux nouveaux terrains agricoles, produire de nouvelles variétés et représente désormais près de 50% de l’agriculture du pays.

Plus récemment, une autre innovation a émergé, la culture hors-sol ou hydroponie qui permet de cultiver sans terre et avec un minimum d’eau.Cette nouvelle technique, déjà utilisée industriellement dans de nombreux pays est intéressante pour le pays, comme le prouve L’INIDA (Instituto Nacional de Investigação e Desenvolvimento Agrário) centre de recherche agricole du Cap-Vert que nous avons rencontré.

Visite des serres de l’INIDA.
Dans de grandes serres les ingénieurs étudient la pousse des plantes avec différents engrais et créent des variétés résistantes et stables.

Mais le précurseur en matière d’hydroponie au Cap-vert, c’est surtout Sergio Monteiro Roque, entrepreneur hydroponique low-tech avec qui nous sommes venu travailler !

L’hydroponie populaire de Sergio Monteiro Roque

A Sao Domingo, Sergio exploite déjà 6 serres pour produire les salades qu’il fournit aux hôtels de Praïa.

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Serre de culture hors-sol de Sergio Monteiro Roque

De parents Cap-verdiens mais étant né au Brésil, Sergio a décidé de ramener cette technologie au pays dans ses valises il y a 15 ans. Quelques financements étatiques et internationaux (FAO, BAD) lui ont permis de créer les premières serres, sans sophistication mais efficace. Pour l’instant, Sergio cultives de la salade, des herbes aromatiques et des fraises qui intéressent surtout les hotêls. Ses productions sont un peu plus chère que celles en terre mais plus qualitatives.

En plus de développer son activité, Sergio est aussi formateur en hydroponie pour les agriculteurs qui souhaitent passer à ce système.

Le souhait de Sergio est de développer une hydroponie “populaire”, accessible aux petits producteurs. Chez Sergio, pas de système d’arrosage automatique par exemple, c’est avec l’arrosoir à l’ancienne !

Dans un système hydroponique, les plantes poussent dans des bacs sur un substrat (mélange de terre volcanique au fond et tourbe au-dessus) qui sert juste à ce que leurs racines puissent s’accrocher. Les nutriments (minéraux) sont apportés dans l’eau avec laquelle les plantes sont arrosées. L’eau en trop est récupérée pour un prochain arrosage ce qui permet au final à Sergio d’utiliser trois fois moins d’eau que la culture en terre tout en nécessitant un espace plus restreint. Sergio assure également que la pousse en hydroponie est beaucoup plus efficace, 45 jours pour faire pousser les salades au lieu de 60 jours en terre.

Sergio nous a installé un système low-tech à bord !

Dans le cockpit à l’arrière, le système est aussi très simple : des demi tubes PVC remplis du même substrat que dans les serres de Sergio : tourbe au-dessus et roche volcanique en dessous pour laisser s’écouler l’eau. Pour l’instant nous avons planté des salades et du persil mais dès que possible il faudra les remplacer par des légumes feuilles qui contiennent plus de nutriments et sont plus intéressant pour notre alimentation et l’autonomie. Aussi, nous allons essayer de trouver un autre substrat que la tourbe qui est une matière organique fossile peu renouvelable.

Nous avons hâte de voir tout ça pousser, et surtout de les déguster !

En venant au Cap-Vert nous avions deux objectifs : installer un système hydroponique low-tech mais aussi savoir s’il était possible de fabriquer des engrais pour hydroponie entièrement faits-bateau… la réponse est oui !

Le biofiltre pour des engrais 100% à base de matières organiques

Thomas Blangille est passioné d’hydroponie mais surtout de bioponie (concept de William Texier, contraction d’hydroponie et de biologique). Il travaille pour General Hydroponics, notre entreprise partenaire.

Thomas Blangille

Thomas nous a appris à construire un “biofiltre” c’est à dire une technologie capable de faire de l’engrais qu’on peut utiliser en hydroponie. Cette solution qui permet de produire des engrais à base de déchets organiques est intéressante car elle permet de remplacer les engrais de type “minéraux” habituellement utilisés pour l’hydroponie et qui proviennent de mines et sont donc non renouvelables (phosphore, soufre).

Le biofiltre est un genre un lombricompost amélioré, démonstration :

Dans la couche supérieure un lombricompost produit un jus de compost qui passe dans un second niveau où il est digéré par un champignon (trichoderma).
De l’eau venant de l’étage du bas est remontée grâce à une petite pompe (branchée sur notre éolienne low-tech) et lessive le mélange pour obtenir une solution d’engrais minéraux assimilables par les plantes en hydroponie.

Tous ces systèmes sont en route mais on ne sait pas encore ce qu’ils vont donner, pour savoir en temps réel ou nous communiquer vos idées, suivez nous ici ou sur Facebook !

2 réflexions sur “ Escale au Cap Vert : Cap sur l’hydroponie et la bioponie. ”

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